« Je ne sache pas d’endroit plus charmant et plus magnifique que Biarritz

Biarritz est un village tout blanc à toits roux et à contrevents verts posés sur des croupes de gazon et de bruyère dont il suit les ondulations …

On se baigne à Biarritz comme à Dieppe comme au Havre comme au Tréport mais avec je ne sais quelle liberté que ce beau ciel inspire et que ce doux climat tolère … Je n’ai qu’une peur ; c’est qu’il devienne à la mode. Déjà l’on y vient de Madrid ; bientôt on y viendra de Paris … Alors, Biarritz, ce village si agreste, si rustique et si honnête encore, sera pris du mauvais appétit de l’argent.

Bientôt Biarritz mettra des rampes à ses dunes, des escaliers à ses précipices, des kiosques à ses rochers, des bancs à ses grottes. Alors Biarritz ne sera plus Biarritz ; ce sera quelque chose de décoloré et de bâtard comme Dieppe et Ostende …

Rien n’est plus petit, plus mesquin et plus ridicule qu’un faux Paris. Les villes que baigne la mer devraient conserver précieusement la physionomie que leur situation leur donne. L’océan a toutes les grâces, toutes les beautés, toutes les grandeurs.

Quand on a l’océan, à quoi bon copier Paris ? »