Peu enclin à se remettre en cause, le rugby traditionnel est confronté à des problèmes insolubles comme l’évolution des gabarits, une violence qui effraie et un spectacle de plus en plus stéréotypé. Le déclin des spectateurs et des licenciés est inéluctable. Jean-Yves Viollier

Coup de gueule d’un amoureux du ballon «à deux bouts», Rugby en péril dénonce les dérives d’une discipline pourtant promise, il y a peu, à une sorte de gloire auréolaire et exceptionnelle dans le paysage du sport-spectacle. Longtemps, en effet, le rugby fut d’une grande fluidité visuelle, tandis qu’on jouait, on donnait du plaisir aux gens. Aujourd’hui, le même sport étouffe dans un règlement prolifique et indéchiffrable, des joueurs musculeux tiennent le ballon comme s’ils portaient un parpaing et l’affrontement de deux équipes se résume souvent à la collision des poids en présence. Il en ressort un ennui terrible, qui déroute jusqu’aux plus fidèles.

Bien mieux qu’une ode au passé, Jean-Yves Viollier, ancien journaliste sportif, en appelle à un sursaut du rugby français professionnel pour que ce sport si délicieusement collectif retrouve sa créativité, ses évitements comme ses courses et qu’enfin «les plus rusés continuent de l’emporter sur les plus forts». Le rugby français doit se remettre en question pour qu’il cesse d’être la version détournée de ce qu’il fut et de ce qu’il devrait être. Nous n’attendons que ça : rêver, de nouveau, au bord des terrains.

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