Lorsque l’on songe aux pratiques sportives iconiques de la culture basque, on pense d’emblée à la pelote basque, porte-drapeau des disciplines locales, ou encore aux jeux de force basques, inspirés des travaux agricoles qui alimentent l’image d’Epinal de grands gaillards tirant à la corde (soka tira), ou participant à une course au sac (zaku lasterketa).

Il existe cependant un passe-temps ludique et beaucoup moins physique, un jeu certes méconnu mais qui contribue à faire briller la culture basque à travers le monde : le jeu de Mus (prononcé « mouche ») dont l’origine remonterait à 1745.

Mais en quoi consiste le Mus ? Il s’agit d’un jeu de cartes « espagnol » composé de 40 cartes. On y distingue 4 familles, chaque famille étant composée de 10 cartes : 1 (As), 2, 3, 4, 5, 6, 7, 10 (cavalier), 11 (dame), 12 (roi). Les trèfle, carreau, pique et cœur deviennent épées, bâtons, coupes et pièces. Vous pouvez consulter les règles précises sur le site de la Fédération Française de Mus.

IMAGE >>>> https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c4/Carte_napoletane_al_completo.jpg <<<<< Source : Wikipedia

Le Mus s’apparente à un mélange de belotte et de poker. Comme au poker, le bluff fait partie intégrante du jeu dans la mesure où le but est d’avoir les meilleures cartes et à défaut, de le faire croire afin de faire céder l’équipe adverse. L’Haspandar Olivier Harguindeguy résume ainsi les similitudes avec le poker : « Avant de jouer au poker, je jouais au Mus, et ce jeu m’a beaucoup aidé dans mon apprentissage du poker. Le Mus est un jeu rapide et franc, qui m’a appris le bluff indispensable au poker ».

À la différence du poker, on ne parie pas des sommes annoncées au Mus, mais plutôt des petits cailloux, des haricots secs ou autres jetons. Il est donc rare que les joueurs de Mus bénéficient d’une renommée rapide, à l’image des joueurs de poker professionnels, comme Jorge Limon, qui, pour l’anecdote, a commencé à jouer au poker après qu’un ami lui ait offert 10 dollars sur PokerStars en échange de cours d’espagnol ! Avis aux novices qui souhaitent se lancer : les cours de langues pourraient s’avérer utiles pour jouer au Mus, car la terminologie utilisée est en basque !

Si ce jeu a commencé par se répandre dans les cantons du Pays basque, sa popularité a entraîné la création d’une Fédération Française de Mus en 1978, suivie d’un Championnat de France, puis d’un Championnat du Monde, qui se déroula à Ascain en septembre 1978. Depuis, des championnats ont eu lieu en Amérique du sud, en Amérique du nord ou en Europe chaque année. En octobre 2016, le Championnat du Monde qui a eu lieu à San Sébastian a rassemblé 12 pays dont l’Australie, l’Argentine, le Mexique et les États-Unis.

La diaspora basque fait quant à elle vivre la culture basque (et le Mus) aux quatre coins du monde, grâce à de nombreuses organisations (New York, San Francisco, Argentine, Québec, Berlin) à l’image du « Ladies Basque Club » fondé en 1947 dans la ville d’Ottawa, dans l’Oregon (USA), par Serafina Uberuaga Mendiguren. Un club majoritairement féminin et dont la mission d’origine était de préserver la culture basque grâce à, notamment, l’enseignement de chants et danses. D’ailleurs, la culture basque est très personnelle, comme l’évoque ici Eduardo Chillida : « Ici, dans mon Pays basque, je me sens à ma place, comme un arbre adapté à son territoire, sur son terrain, mais dont les bras s’ouvrent au monde entier ». Un bon moyen de vous initier à cette culture est donc de jouer au Mus !

 

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