Nous sommes le Vendredi 17 mai 2024 | 222 Connectés | La citation du jour : "Le rugby c’est comme l’amour, il faut donner avant de prendre" Jean-Pierre Rives
place Sainte-Eugénie,

Biarritz 1921, la place Sainte-Eugénie, le dimanche matin…

Dans un angle fait pour elle, l’Eglise ; en avant et sur la gauche la place avec, dans le milieu, le kiosque à musique, et tout autour ses hôtels ; à droite, la mer en bordure de laquelle toute une rangée de tamaris met une note de fraicheur, de jeunesse et de gaité.

Et chaque dimanche que Dieu fait, c’est là, à partir de dix heures du matin, un va-et-vient curieux, un défilé sans fin de voitures et d’autos où toutes les marques, toutes les formes, toutes les nuances se combinent au point qu’elles finissent par composer un ensemble original et plaisant à l’œil.

Vers onze heures, par exemple, l’affluence devient cohue. Ce moment coïncide, en effet, avec la sortie de la messe chantée, toujours suivie par un nombreux public et la première messe, en somme, pour gens fatigués de s’être couchés à trois heures du matin.

Et maintenant quelle vie intense va prendre ce coin-là !

De la rue du Port-Vieux, de la rue Mazagran, du boulevard des Tamaris débouchent, les unes après les autres, souvent même à la queue leu leu, les autos, et celles-ci ayant déposé leurs occupants en avant de l’église, se sont rangées le long de la mer, sages comme des petites pensionnaires, le capot uniformément tourné vers la place.

Quelques-unes, les mêmes toujours, faisant exception à la règle, vont se placer entre l’Eglise et l’hôtel de l’Océan : ce sont celles des résidents à l’année.

Alors, cinquante minutes durant, vous verrez passer et repasser, à pied ou en voiture, tout ce que les mondes divers, que constituent le Monde, comptent de personnalités des deux sexes.

Puis la place s’étant vidée peu à peu, c’est la jetée de la Grande-Plage qui, à son tour, va devenir, pour un temps, le centre de l’animation biarrotte.

Et celle jusqu’à l’heure où Biarritz, ayant conscience d’avoir bien rempli sa matinée, songera à inaugurer l’après-midi par un déjeuner copieux auquel les gâteaux, je vous l’assure, ne font jamais défaut.

Paul Chantecaille – La Gazette de Biarritz – 7 Septembre 1921

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