Le musée Bonnat-Helleu de Bayonne accueille une œuvre d’exception : un portrait de Marie Leszczynska (1703-1768), reine de France et épouse de Louis XV.
Ce dépôt consenti par M. et Mme Carlos Laborde Noguez de Yturbe constitue un enrichissement majeur pour les collections du musée.
Accrochée lors d’une journée de fermeture, l’œuvre a été dévoilée à la presse le 10 février avant d’être présentée au public dès le 11 février. Elle prend place dans les salles du musée en dialogue avec les portraits de la famille Gramont, offrant un contrepoint féminin et un regard renouvelé sur le portrait de cour au XVIIIe siècle.

Une rupture dans la représentation royale
Peint par Jean-Marc Nattier en 1748, le portrait original de Marie Leszczynska marque une véritable révolution iconographique. La reine n’y apparaît pas dans l’apparat traditionnel du pouvoir. Exit la couronne et le manteau d’hermine. Elle est représentée en habit de ville, absorbée dans sa lecture, dans une posture intime et naturelle. Cette approche plus humaine de la souveraine a rencontré un succès immédiat à la Cour et donné lieu à de nombreuses répliques.
Ces versions, loin d’être de simples copies, servaient d’outils diplomatiques. Offertes par la famille royale, elles incarnaient des gestes d’amitié et d’influence. L’original est aujourd’hui conservé au château de Versailles, mais l’exemplaire déposé à Bayonne présente une particularité remarquable.
Une variante « philosophique » fascinante
La version entrée au musée Bonnat-Helleu se distingue par un détail symbolique fort : la reine ne tient plus la Bible, comme dans la version conservée à Versailles, mais un ouvrage de philosophie. Cette variante iconographique renvoie à la relation intellectuelle qui unissait Marie Leszczynska à Charles-Jean-François Hénault, homme de lettres et proche confident de la souveraine.
Selon la tradition mentionnée sur le cadre d’origine, cette version aurait été personnellement offerte par la reine à Hénault. Elle souligne ainsi l’ancrage de la cour dans le mouvement des Lumières et met en lumière une dimension plus intellectuelle et moderne de la monarchie.
Une générosité qui s’inscrit dans l’histoire du musée
Depuis sa création, le musée Bonnat-Helleu s’est enrichi grâce à l’engagement de collectionneurs attachés à son rayonnement. La donation de la famille Laborde Noguez de Yturbe, originaire d’Ustaritz et aujourd’hui établie à Mexico City, prolonge cette tradition.
Avec cette œuvre majeure du XVIIIe siècle, le musée renforce son fonds de peinture française et poursuit son ambition : faire dialoguer les époques et offrir au public des regards toujours renouvelés sur l’histoire de l’art.

