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L’affaire du Y manquant : une anecdote savoureuse du derby basque

L’affaire du Y manquant : une anecdote savoureuse du derby basque

Dans l’histoire du rugby, certaines anecdotes dépassent le cadre du sport pour devenir de véritables légendes populaires. Au Pays Basque, où le ballon ovale est presque une religion, la rivalité entre l’Aviron Bayonnais et le Biarritz Olympique a donné naissance à de nombreux épisodes mémorables. Parmi eux, celui qu’on surnomme aujourd’hui “l’affaire du Y manquant” reste sans doute le plus croustillant.

Un coup préparé dans l’ombre

Nous sommes dans la nuit du 28 au 29 avril 2006, à la veille d’un énième derby basque. L’ambiance est déjà électrique : les supporters attendent avec fébrilité le choc entre les deux clubs frères-ennemis. Un groupe de Bayonnais, malicieux et organisés, décide alors de frapper un grand coup. Leur cible n’est pas le terrain, mais la façade du stade Aguilera à Biarritz.

Là, trône fièrement l’inscription “Biarritz Olympique Pays Basque”. Pour les supporters de l’Aviron, c’est une provocation : pour eux, Bayonne est la véritable capitale culturelle et identitaire de la région. Leur idée est simple et brillante : transformer ce slogan officiel en une pique moqueuse.

Mission réussie : un “Y” envolé

Dans la nuit, les supporters pénètrent dans l’enceinte du stade et s’attaquent à l’inscription. Leur butin ? La lettre “Y” du mot “Pays”. Au matin, le message sur la façade a changé de sens : “Biarritz Olympique Pas Basque”.

Ce détournement symbolique est aussitôt perçu comme un geste fort, à la fois humoristique et provocateur. Les Bayonnais affirment ainsi leur suprématie identitaire, rappelant que l’âme basque, selon eux, ne se trouve pas à Biarritz mais bien à Bayonne.

La plainte pour “vol de Y”

Le président du BO de l’époque, Marcel Martin, ne goûte guère la plaisanterie. Ulcéré, il dépose plainte contre X pour “vol de Y”. La formule, inhabituelle, amuse la presse sportive nationale qui s’empare aussitôt de l’affaire. Articles, brèves et chroniques reprennent l’expression avec gourmandise.

Rapidement, l’anecdote sort du cadre rugbystique pour devenir une petite légende urbaine. Dans les bars, dans les tribunes et même sur internet, on ne parle plus que du fameux “Y” envolé.

Revanche sportive mais victoire symbolique

Sur le terrain, le BO prend une éclatante revanche. Lors du match du 29 avril 2006, Biarritz inflige une lourde défaite à l’Aviron Bayonnais sur le score sans appel de 53 à 7. Les Rouge et Blanc lavent l’affront par le rugby, rappelant leur supériorité sportive du moment.

Mais malgré ce succès écrasant, l’histoire retiendra surtout le coup des supporters bayonnais. Le “vol du Y” a marqué les esprits bien au-delà du résultat du match. Encore aujourd’hui, il est raconté comme un épisode culte de la rivalité basque, un parfait mélange d’humour, de provocation et de passion.

Une légende qui perdure

Près de vingt ans plus tard, l’affaire du Y manquant reste gravée dans la mémoire collective. Certains supporters en parlent encore comme de l’un des plus grands coups de l’histoire des derbys Bayonne-Biarritz. Elle illustre parfaitement ce qui fait le sel de cette rivalité : une intensité sportive, mais aussi une dimension culturelle et identitaire qui dépasse le rugby.

En somme, ce “Y” disparu n’était pas seulement une lettre. Il est devenu un symbole de l’éternelle confrontation entre Bayonne et Biarritz, une bataille qui se joue autant dans les stades que dans les esprits.

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