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On est tous passés un jour devant le château de Marracq à Bayonne (ou plutôt devant ses ruines), mais combien d’entre nous connaissent le rôle historique de ces pierres ?

Bon ok, ça ne s’est pas vraiment passé la nuit mais plutôt la journée. Mébon, pour un titre accrocheur, c’est mieux la “nuit”.

En 1808, la France et son empereur (celui qui ressemble un peu à Guillaume Barucq mais en plus grand) est plutôt copain avec l’Espagne. Par contre, comme l’Empereur (Napoléon, pas Guillaume) est très fâché avec les portugais qui sont, eux, copains avec les anglais, il a obtenu l’autorisation du roi d’Espagne d’envoyer ses troupes attaquer le Portugal en traversant l’Espagne. Vous me suivez ?

Royauté 2 – Espagne 0

Le souci, c’est qu’en traversant le pays, les troupes napoléoniennes se comportent un peu comme des festayres sortant d’une peña à 3 heures du mat pendant les fêtes de Bayonne. La population, fortement mécontente, menace de s’en prendre au Roi Charles IV et ce dernier, courageux mais pas plus téméraire que le Maire de Biarritz face aux militants Bizi, envisage une fuite en Amérique du sud.
Son fils, Ferdinand VII, sautant sur l’occasion, se proclame roi et règne plus ou moins entre mars et mai 1808.

L’Espagne se retrouvant avec deux rois à sa tête, demande – idée de génie – l’arbitrage de Napoléon. L’empereur de passage à Bayonne en avril pour la foire au Jambon, qui, rappelons-le au passage, existe depuis 1426, convoque donc les deux “rois” au château de Marracq, qui à l’époque, possédait un toit et des murs, afin de régler le problème.

En fait l’entrevue se déroule en deux temps (trois mouvements)

  1. Ferdinand VII arrive au château, se fait pourrir grave par Napo et sa mère encore plus remontée que lui, et décide de renoncer à la couronne. Pour le remercier, l’empereur le fait interner à Valencay (on ne sait pas trop où c’est)
  2. Charles IV, courageux mais pas téméraire , annonce aussi son abdication et confie à l’Empereur que, lui seul, pourra trouver un bon roi pour l’Espagne. La boulette.
  3. L’Empereur choisit (au hasard) son frère Joseph Bonaparte, déjà Roi de Naples. Celui-ci fonce sur Madrid pour s’emparer du trône, de la couronne, de la présidence du Réal Madrid et des ennuis qui commencent.

L’Empereur est plutôt content de son coup. Le peuple espagnol beaucoup moins quand même, puisqu’à Madrid, un premier soulèvement populaire est réprimé dans le sang par Murat (pas Ellande) le 2 mai (Dos de Mayo).

Epilogue

Joseph, roi d’Espagne convoquera rapidement la noblesse espagnole, toujours à Bayonne (quand on aime…), afin de rédiger une nouvelle constitution. Seule côté positif de cette salle affaire, cette constitution, imposée par l’empereur, supprime l’Inquisition et limite l’influence du catholicisme en Espagne.
Après six années de guerre, les alliés qui rassemblent l’Espagne bourbonienne, le Portugal et l’Angleterre, battent la France. Et c’est le Bourbon Ferdinand VII, celui même qui avait régné deux mois en 1808, qui redevient Roi d’Espagne.

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