Le Salon du disque de Biarritz existe depuis 6 ans et occupe une place de plus en plus importante au sein de la culture musicale vintage avec un salon d’une vingtaine de stands et des milliers de références de vinyles, cd, DVD, dans tous les styles des années cinquante à quatre-vingt français ou international.

Le vinyle a failli mourir ! Depuis plus de 20 ans, la révolution disque compact et le raz-de-marée Internet ont changé les comportements des auditeurs. Pourtant le 33 tours résiste tant bien que mal à la crise. Au Salon du disque de Biarritz, on met à l’honneur cet objet que l’on peut consulter, regarder ou ranger comme un livre. Devenu quasiment une œuvre d’art, le vinyle est le support idéal pour l’artiste qui souhaite partager son univers. Avec des iconographies personnalisées, sa couverture s’apparente parfois à un tableau qu’on exhibe ou accroche au mur. Professionnels et amateurs collectionnent ces sacro-saints objets tant leur rareté peut en faire de véritables trésors.
Au stand Mobylack, Charley Bouhier, vendeur de vinyles à La Rochelle, parcourt la France (vide-greniers, salles des ventes…) pour vendre ses disques d’occasion. Son constat sur le marché du disque est réaliste : « nous n’intéressons que les passionnés ou collectionneurs même si certains jeunes viennent parfois se procurer UN vinyle. Pour le moment j’arrive à en vivre mais je sais que l’avenir va être difficile… »

Des objets fétiches à la dématérialisation

Retour sur cet étonnant objet indémodable. L’âge d’or du vinyle a explosé dans les années 1920-1950 avec le disque 78 tours (78 tours par minute). À ce Néenderthal du vinyle, ont succédé les 45 et 33 tours qui avaient de meilleures propriétés de conservation. En matérialisant la musique on pouvait revivre, partager un moment ou une émotion vécue à travers les vibrations et l’harmonie. Aujourd’hui, plus que jamais la musique rythme nos quotidiens : on en écoute à toute heure, dans tout lieu, à toutes les sauces ! Après avoir changé de format en devenant cassettes, disques compacts, la musique se capte aujourd’hui sous format numérique MP3.
Dans ce contexte de mutation médiatique, le secteur musical a dû s’adapter aux nouvelles technologies. Vous pouvez désormais télécharger, écouter de la musique en ligne sur des sites comme iTunes, Spotify, Deezer, SoundCloud ou encore YouTube. Sur ces plateformes géantes, la musique s’est dématérialisée et l’objet-disque tend à disparaître de nos « cd-thèques ». Pour autant les professionnels de la musique ne cessent d’utiliser le vinyle. Il y a encore des DJ qui mixent avec de bons vieux vinyles pour créer des sons ultra-modernes. Mode du moment : des artistes se tournent aussi vers le format vinyle pour sacraliser leurs derniers albums en proposant une formule téléchargement et un bonus vinyle. « Comme le dernier ACDC qui vient de sortir en 45 tours et qui a un super-hologramme en couverture », nous confie Charley, le disquaire.

Le grand public est quant à lui séduit par l’authenticité de la musique. Patrick, la quarantaine est venu avec son fils chercher un 33 tours de Renaud : « La qualité du son est différente sur le vinyle, elle est plus profonde. Lorsqu’on achète un vinyle, il y a quelque chose de magique… On le sort de sa pochette, le pose sur le tourne-disque, c’est un objet dont on doit prendre soin. C’est aussi ça que je souhaite transmettre à mon fils, l’attention qu’on porte aux choses ». D’un point de vue musical, ce mélomane vit l’écoute d’un vinyle « comme une expérience très sensorielle où la musique a une dimension authentique et humaine. Chaque disque a son histoire, il vieillit, se raye, crépite, c’est romantique ! »

La musique n’est pas un objet

En parallèle, on assiste à une baisse fulgurante de la vente de disques. Aujourd’hui les supermarchés du disque n’intéressent pas vraiment les mélomanes. La vente n’y est pas personnalisée et le choix restreint. Pourquoi ne pas acheter sous format numérique quitte à acheter sur Internet ? Si l’objet-disque venait à disparaître on perdrait cette matérialisation de la musique. Pourtant la musique n’est-elle pas éphémère ? Ce sont bien les vibrations invisibles et intouchables qui nous transportent, les concerts, les « bœufs »…
Au Pays basque, les spectacles vivants de danse et de chants captent le moment présent pour faire vivre aux spectateurs un moment unique… loin, très loin du Wifi !

Oïhana Igos

Une réponse

  1. Avatar
    Portier Michel

    Bonjour,

    Je suis tombé vraiment par hasard sur votre site. Pourriez-vous m’indiquer le nom du marchand qui proposait les disques de la photographie ? Car je suis intéressé par “La Sirène du Mississipi” Merci

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